Gérer son Temps

Vous êtes perfectionniste ? Lisez ceci pour arrêter de perdre du temps sur des détails !

Etes vous perfectionniste ?

Quand vous préparez un entretien d’embauche, vous devez probablement vous préparer à répondre à la question classique : Pouvez vous me parler d’un de vos défauts ?

Et je suis certain que vous avez l’habitude de dire fièrement :

Je suis perfectionniste.

En répondant cela, vous pensez que ce défaut sera également perçu comme une qualité.

Mais je vais briser un mythe : cette réponse, vue et revue, ne convainc plus personne. Et lorsque je fais passer des entretiens, en entendant cette réponse, et bien je peux vous dire que je creuse.

Pourquoi ?

Un perfectionniste passe un temps infini sur des détails sans importance, et perd donc énormément de temps… Gros défaut selon moi.

Vous allez peut être vous reconnaître dans l’une de ces situations :

  • Vous relisez 10 fois un mail avant de l’envoyer,
  • Vous passez plus de temps à travailler la mise en forme d’un document que le fond,
  • Vous ne pouvez pas envoyer un tableau excel si vous n’avez pas dessiné les lignes du tableau,
  • Vous passez énormément de temps sur des tâches même simples, par peur de mal faire,
  • Vous n’osez pas proposer de projets à votre patron, si votre projet n’est pas pas parfaitement défini.

Si vous répondez oui une fois, alors vous avez besoin de lire la suite !

Je suis perfectionniste, mais je me soigne

J’ai très longtemps souffert de perfectionnisme. Je peux vous dire que c’est une vraie maladie, plutôt handicapante.

Je peux vous raconter plusieurs anecdotes fort sympathiques, qui m’ont causées bien des tracas.

Les rapports de stage : l’exemple typique d’un travail où je pouvais passer des heures et des heures. Mais pas à travailler le fond.

A embellir la forme.

Lorsque j’ai réalisé mon rapport de stage de dernière année d’école d’ingénieurs, j’ai battu tous les records !

J’ai passé sans doute 20 heures à écrire d’un bout à l’autre les 100 pages du rapport. Mais je pense en avoir passé beaucoup plus sur la forme :

  • Aligner les textes,
  • Vérifier que les polices étaient bien les même et avaient la même taille pour les titres de paragraphes,
  • M’assurer que les pages étaient bien numérotées (comme si Word pouvait se tromper !).

En voilà une belle compétence pour se vendre en entretien d’embauche !

Ce perfectionnisme, je vous l’expliquerai plus tard, je l’ai vaincu progressivement quand je suis rentrer dans la vie active.

Définition du perfectionnisme

Perfectionniste ou consciencieux ?

Si vous êtes consciencieux, vous aimez le travail bien fait. Vous vous imposez de rendre un travail de qualité à chaque fois. Vous n’aimez pas bâcler les choses.

Vous aimez passer du temps pour atteindre le niveau de qualité que vous souhaitez. Par contre, différence fondamentale avec les perfectionnistes, vous ne vous perdez pas dans les détails.

Vous savez établir des priorités, pour ne pas passer des heures sur des choses qui n’intéressent personne.

Enfin, vous vous donnez des objectifs réalistes.

A l’inverse, si vous êtes perfectionniste, alors vous vous imposez des objectifs extrêmement difficiles à atteindre. Vous vous mettez donc rapidement en position d’échec.

Vous ne savez pas vous restreindre, vous vous lancez à corps perdu dans le travail et vous ne levez pas la tête. Le souci, c’est que vous pouvez passer des heures sur des détails sans importante, et ratez des informations importantes.

Vous êtes également rarement satisfait de votre travail. Vous pensez que vous pouvez toujours faire mieux.

Enfin, vous avez énormément de mal à déléguer car vous pensez que le travail sera moins bien fait !

Les 3 types de perfectionnisme

Je pense qu’il est important de bien définir les types de perfectionnisme dans un premier temps. Je me suis donc tourné vers les recherches qui ont été faites sur le sujet.

Il existe en fait 3 types de perfectionnisme :

  • celui tourné vers soi : vous exigez de vous même la perfection. Vous vous imposez des objectifs inatteignables pour atteindre la perfection, et en cas d’échec, vous vous en voulez fortement.
  • celui orienté vers les autres : vous attendez la perfection de ceux qui vous entourent.
  • celui prescrit socialement : vous pensez que les autres attendent de vous la perfection ,et vous imaginez que seul la perfection vous permettra d’être valorisé. C’est par exemple le cas de certains étudiants dont les parents exigent beaucoup (trop).

Maintenant, vous devez avoir une idée du type de perfectionniste que vous êtes. Cela vous aidera à le combattre.

Personnellement, je suis dans le premier cas, celui tourné vers soi. Je n’ai jamais demandé la perfection à mes équipes par exemple : je préfère que le travail soit rendu à l’heure, et imparfait.

Et mes parents n’ont jamais exercé une pression sur moi pour mes études par exemple.

La tendance de notre société à nous pousser à devenir parfait

Les millenials sont une génération qui souffrent plus que les autres de perfectionnisme.

La faute au réseaux sociaux ! Encore eux ! Après être pointé du doigt comme être un voleur de temps, je les accuse maintenant de nous pousser à rechercher la perfection !

Passons en revue quelques réseaux sociaux…

  • Instagram : faut il en dire plus ? ce réseaux de partage de photos montrent une réalité parfaite quotidiennement. Qui n’a jamais été jaloux des magnifiques photos des influenceurs voyages ! Moi le premier ! Quand je compare mes photos aux leurs, et bien je me demande comment ils font. La vérité, c’est que je passe 2 minutes à prendre une photo, et eux 20 minutes et encore 20 pour la retoucher.
  • Youtube : Là encore, nous voyons uniquement des journées parfaites sans aucune ombre au tableau.
  • Linkedin : sur ce réseau professionnel, nous nous montrons sous notre meilleure jour. Nous parlons uniquement de nos réussites et de nos qualité.

Les millenials consomment ce contenu à longueur de journée. Pas étonnant qu’eux aussi aient envie d’avoir une vie comme leurs modèles : ceci les poussent vers la perfection.

Et il faut reconnaître que notre société récompense l’excellence. Il suffit de regarder les stars de cinéma, toujours plus parfaites au festival de cannes, ou sur papier glacée. Ou encore nos footballeurs français, champions du monde et héros de la nation.

Nous sommes nourris dans notre enfance avec l’image parfaite de ces idoles. Cette recherche de l’excellence est donc en nous lorsque nous grandissons, et quand nous arrivons dans les études supérieures, où il faut se battre pour avoir sa place !

A 18 ans après le bac, je suis entré en prépa. Une petite prépa, pas celle des élites. Mais une prépa quand même !

En prépa, vous êtes classés par rapport aux autres en permanence. On vous remet votre copie dans l’ordre des notes ! Lorsque vous êtes en colle (intérrogation oral), vous êtes en groupe de 3 et au tableau, vous devez réaliser un exercice. La pression est au maximum si vous voyez le tableau de votre collègue se remplir plus vite que le vôtre !

Nous sommes donc poussés à faire mieux, toujours, jusque parfois vouloir à tout prix devenir… parfait.

Je vais vous présenter un plan d’action simple pour vous aider être moins exigeant avec vous même. Nous parlons donc du perfectionnisme tourné vers soi.

5 clés pour vous aider à être moins perfectionniste

Prendre conscience

La première étape, peut être la plus importante pour déclencher une réaction, c’est de prendre conscience de notre folie à vouloir tout faire parfaitement.

Pendant longtemps, j’ai pensé qu’il était normal de passer autant de temps sur la présentation d’un document.

Ce qui n’est pas évident, c’est de déterminer la frontière entre la recherche de la qualité, et la recherche de la perfection. Un bon indicateur est en réalité le temps passé entre le fond et la forme. Si vous travaillez plus longtemps à améliorer la présentation du document qu’à bosser le fond, vous passez la frontière.

Vous devez surtout prendre conscience de effets néfastes du perfectionnisme. Pour cela, rien de mieux que de prendre une feuille et un stylo, et de faire les plus et les moins !

Quelles sont les avantages de votre recherche de la perfection ?

Et à l’inverse, quelle sont les inconvénients ? Quelles sont les impacts négatifs sur votre vie, sur votre humeur, sur votre sommeil, sur votre couple ?

Après ce bon exercice, la balance penchera sûrement en faveur du réduction de vos exigences.

Soyez moins exigeant avec vous même

Maintenant que vous avez pris conscience de votre perfectionnisme trop prononcé, vous devez apprendre à baisser vos exigences. Comment faire ?

Définissez dès le début le niveau de qualité que vous souhaitez atteindre. Reconnaissez consciemment que vous n’allez pas viser la perfection.

Vos objectifs doivent être atteignables. Vous pouvez par exemple utiliser la méthode SMART pour vous aider. Ils doivent être Spécifique, Mesurable, Ambitieux, Réalisable et Temporairement défini.

2 points importants pour les perfectionnistes : réalisable et temporairement défini.

Fixez vous une limite de temps, cela vous évitera de passer des heures à fignoler.

Prenez du recul

Nous vivons tous une vie à fond. Dans nos jobs, il faut toujours faire plus, plus vite, et avec moins de moyens. Il est donc important de s’arrêter pour lever la tête.

Posez vous alors la question :

Ce travail qui me rend malade car je cherche la perfection est il si important que ça ?

Pour réussir à dédramatiser votre situation, vous pouvez adapter une pensée positive en listant tout ce qui va bien. Vous pouvez également regarder la situation dans son ensemble et pas seulement les détails qui vous polluent. Vous vous apercevrez que ce n’est pas aussi grave que vous le pensez.

Concentrez vous sur l’essentiel !

Travailler uniquement sur l’essentiel, sujet qui me passionne ! Les perfectionnistes ont le goût de l’effort…malheureusement, ils ne bossent pas sur l’essentiel, et s’attardent sur des détails.

Connaissez vous les lois du temps ? Je vais bientôt vous en parler dans un article, tellement c’est un sujet important et intéressant !

La plus connue est sans doute la loi de Pareto qui se résume ainsi :

80% de vos résultats proviennent de 20% de vos efforts.

Autrement dit, une personne efficace travaille 20 h sur un projet pour obtenir un résultat très probant, perfectible, mais de qualité (les 80%).

Tandis qu’un perfectionniste peut bosser 80 h pour finalement n’avoir abordé que 20% du sujet. Il travaille dur, mais il s’acharne à tourner autour de l’essentiel et peaufine des hors sujets…

Pratiquez l’autocompassion

Qu’est ce que l’autocompassion ?

C’est un concept qui nous invite à mieux se traiter soi même. Au lieu de s’en vouloir terriblement après un échec par exemple, l’autocompassion permet de s’auto pardonner et d’avancer.

Vous pouvez le pratiquer sous forme d’un petit exercice de 15 minutes par exemple.

Le but est de faire taire les critiques violentes qu’on peut se faire après un échec. Demandez vous par exemple si :

  • Le but recherché n’était pas trop haut pour réussir du premier coup ?
  • Que puis je apprendre de cet échec ?
  • Est il possible de retenter sa chance ?
  • Suis vraiment responsable seul de cet échec ?
  • Ai je manqué simplement de chance, facteur que je ne maîtrise pas ?

En résumé

Pour conclure, je vais à nouveau vous parler de mon expérience personnel.

Dans mon cas, j’ai eu un déclic. Aujourd’hui, âgé de 37 ans, je dirai que ce déclic a été tardif. Je l’ai eu en fait lorsque je suis entré dans la vie active.

Dans un milieu professionnel, je ne pouvais simplement pas être perfectionniste ! Comme on dit…le temps, c’est de l’argent…

Mon travail m’imposait de respecter des délais…par obligation tout simplement. Je n’avais pas d’autres choix !

Faites le choix aujourd’hui de devenir consciencieux, à la place de perfectionniste.

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